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Addiction et liberté : quand chercher à tenir devient une prison

  • Photo du rédacteur: Elodie Descoubes
    Elodie Descoubes
  • il y a 6 jours
  • 2 min de lecture

On associe souvent l’addiction à une perte de liberté.Et c’est vrai… mais pas immédiatement.


Au début, une addiction ressemble rarement à une contrainte. Elle ressemble plutôt à une solution. Un raccourci vers un état intérieur plus supportable. Un moyen d’apaiser une tension, de faire redescendre le stress, de s’endormir, de se calmer, de ne plus penser, ou de ne plus sentir.


Il y a souvent un moment où tout semble plus simple. Un verre, une cigarette, un comportement, et quelque chose se relâche. Le corps et le mental décrochent enfin.


C’est là que se joue une ambiguïté fondamentale : ce qui donne une sensation de liberté au départ peut progressivement devenir ce qui la réduit.


Parce qu’une fois que le cerveau a appris ce chemin rapide vers l’apaisement, il commence à l’emprunter de plus en plus facilement. Pas forcément plus intensément au début, mais plus automatiquement. Et petit à petit, d’autres options deviennent moins accessibles.


Ce n’est plus un choix parmi d’autres. C’est le choix qui s’impose quand la tension monte.


La liberté ne disparaît pas d’un coup. Elle se rétrécit.


Et souvent, ce qui enferme le plus n’est pas seulement le produit ou le comportement en lui-même, mais ce qu’il évite de ressentir. Car tant que l’addiction fonctionne comme régulation émotionnelle, arrêter peut donner l’impression de perdre un appui sans en avoir encore d’autre.


C’est pour cela que beaucoup de personnes décrivent une sensation paradoxale : vouloir arrêter, tout en ayant peur de ce qui viendrait sans. Comme si l’addiction était devenue une forme de sécurité, même coûteuse.


Dans ce contexte, la question n’est pas uniquement “comment arrêter”, mais “comment retrouver de la liberté autrement”.


C’est là que les accompagnements thérapeutiques peuvent prendre sens, lorsqu’ils ne se limitent pas à la suppression du comportement, mais qu’ils permettent d’explorer ce qu’il est venu remplacer : apaisement, sécurité intérieure, régulation émotionnelle, reconnaissance de certains vécus.


Dans une approche comme l’hypnose, le travail peut parfois consister à redonner du choix là où il n’y en avait plus vraiment. Pas en forçant la volonté, mais en réouvrant des alternatives internes : d’autres façons de calmer, de se recentrer, de traverser une émotion, de tolérer une tension sans basculer automatiquement dans le même schéma.


La liberté dans l’addiction ne revient pas seulement quand on “arrête”. Elle revient quand plusieurs chemins redeviennent possibles.


Et parfois, le premier mouvement de liberté n’est pas de supprimer quelque chose, mais de retrouver un espace intérieur où l’on peut respirer autrement.


Elodie Descoubes

Hypnothérapeute à Idron près de Pau

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