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"Elle n’a pas crié, elle n’a pas bougé" : comprendre le mécanisme de sidération

  • Photo du rédacteur: Elodie Descoubes
    Elodie Descoubes
  • 18 juin
  • 3 min de lecture

Dans les récits d’agressions sexuelles, une question revient souvent, parfois posée avec incompréhension :

« Pourquoi n’a-t-elle pas crié ? Pourquoi ne s’est-elle pas défendue ? Pourquoi n’a-t-elle pas fui ? »

Cette question oublie une réalité essentielle : face à un danger intense, l’être humain ne choisit pas toujours consciemment sa réaction. Le cerveau peut déclencher des mécanismes de survie qui échappent totalement au contrôle volontaire.

Parmi ces mécanismes existe la sidération.


La sidération : une réponse de survie, pas une absence de réaction


Lorsque nous percevons une menace, notre organisme dispose de plusieurs grandes stratégies instinctives :

faire face (attaquer, repousser, se défendre) ;

fuir (s’éloigner du danger) ;

se figer (sidération).

Cette dernière réponse est souvent méconnue.


La personne peut avoir l’impression d’être paralysée, incapable de parler, de bouger, de réfléchir clairement ou de prendre une décision. Elle peut ressentir une forme de déconnexion avec ce qui est en train de se passer.


Ce n’est pas une décision.

Ce n’est pas un consentement.

Ce n’est pas une faiblesse.

C’est une réaction automatique du système nerveux.


Pourquoi le cerveau provoque-t-il cette immobilisation ?


La sidération est un mécanisme ancien, présent chez de nombreuses espèces animales.


Lorsqu’une menace est perçue comme trop intense, trop soudaine ou impossible à éviter, le cerveau peut considérer que ni l’attaque ni la fuite ne sont possibles.

Il déclenche alors une réponse d’urgence : l’immobilisation.


D’un point de vue biologique, cette réaction peut avoir plusieurs fonctions :


👉diminuer la perception de la douleur ;

👉réduire la panique et la souffrance émotionnelle ;

👉économiser les ressources de l’organisme ;

👉permettre une forme de survie psychique face à une situation vécue comme insupportable.


Chez certains animaux, cette réponse augmente même les chances de survie face à un prédateur. Chez l’être humain, elle peut apparaître lors de violences, d’agressions, d’accidents ou d’événements traumatiques.


Quand le corps prend le relais de la conscience


Dans une situation de danger extrême, les circuits cérébraux de l’alarme peuvent prendre le dessus sur les zones impliquées dans l’analyse, la décision et l’action volontaire.

La personne ne « choisit » pas de rester immobile. Son cerveau a basculé en mode survie.


Certaines personnes décrivent ensuite des sensations étranges :

« J’étais comme absente. »

« Je voyais la scène comme si j’étais à l’extérieur de mon corps. »

« Je voulais bouger mais je n’y arrivais pas. »

« Je n’arrivais pas à comprendre ce qui se passait. »


Ces réactions sont des manifestations connues des mécanismes traumatiques.

La sidération peut laisser place à la honte ou à la culpabilité


Après une agression, beaucoup de personnes se demandent :

« Pourquoi je n’ai rien fait ? »

« Pourquoi je n’ai pas crié ? »

« Est-ce que j’aurais pu empêcher cela ? »

Ces questions sont douloureuses, mais elles reposent souvent sur une méconnaissance du fonctionnement du cerveau face au danger.


La sidération n’est pas une participation.


L’absence de résistance physique n’est pas une acceptation.


Le corps a tenté de protéger la personne avec les moyens dont il disposait à cet instant.


Comprendre la sidération pour réparer


Mettre des mots sur ce phénomène peut être une étape importante dans le chemin de reconstruction.

Comprendre que cette immobilité était une réponse de survie permet parfois de sortir d’une interprétation destructrice : celle d’avoir « mal réagi ».


En hypnothérapie, le travail peut notamment accompagner la personne à retrouver un sentiment de sécurité intérieure, à réinvestir son corps, à apaiser les traces émotionnelles laissées par un événement traumatique.

Il ne s’agit pas d’effacer ce qui s’est passé, mais de permettre au système nerveux de comprendre que le danger appartient désormais au passé.


Cabinet d'hypnothérapie à Idron près de Pau

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Elodie Descoubes  Hypnose 


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